Qu'est-ce que la Mission dans l'Industrie ?
Plaquette de présentation de la MIAN
Une présentation rapide de quelques activités de la MIAN. Plaquette
Pour une pastorale du travail
Parler de son travail, c’est parler de soi ; c’est aborder un sujet qui touche le plus profond de l’être ; c’est parler de ses joies et de ses souffrances ; “travailler” tient une place unique, irremplaçable, dans la vie humaine. L’être humain ne travaille pas seulement par nécessité. À travers sa contribution par le travail, il cherche d’abord une reconnaissance qui lui permet de forger son identité : être reconnu tout à la fois comme un membre d’un collectif, une communauté, un métier, mais aussi comme une personne originale dans sa manière d’être et d’agir. Voilà l’enjeu du travail aujourd’hui, en dépit de tout ce que l’on peut dire sur la société des loisirs ou la “fin du travail”.
Nous retrouvons dans ce constat la force de l’intuition de Luther lorsqu’il parlait de la vocation : sans doute avait-il raison lorsqu’il rapprochait l’appel que Dieu réalise pour chaque être humain de l’engagement professionnel. La vocation, ce n’est pas se retirer du monde ou s’engager dans un ministère d’Eglise, c’est d’abord “bien faire” son métier. C’est engager son être dans ce que l’on fait ; avec sa foi. Mais aussi, il faut bien le dire, au risque de son être.
À ce titre, les Eglises Protestantes ont… vocation à être particulièrement attentives aux réalités du travail. La spécificité de cette problématique, sa complexité et son importance appellent une approche spécialisée, comme c'est le cas dans d'autres domaines, comme les pastorales développées dans le cadre des aumôneries d'hôpitaux ou de prison, ou encore de la pastorale familiale et conjugale. Au-delà de la prise en compte de cette part importante de la vie des croyants dans l'animation des paroisses et l'accompagnement réalisé par les pasteurs à travers leurs visites, il est nécessaire de développer aujourd'hui une pastorale du travail qui passe par la mise en place de dispositifs spécifiques, en complémentarité des paroisses, animés par des pasteurs ou autres ministres spécialisés.
Ces dispositifs doivent être implantés dans des bassins d'emplois qui délimitent leurs terrains d'action et pouvoir fonctionner en réseau, afin de capitaliser leurs expériences et trouver une réelle visibilité ou reconnaissance au sein de nos Eglises.
Mais comment peut-on définir une pastorale du travail ?
Accompagner des personnes
La pastorale du travail consiste d'abord à accompagner des personnes. Il s'agit de prendre le temps d'écouter les personnes qui ressentent le besoin de parler de leur travail : difficultés relationnelles, problèmes de santé, articulation entre vie professionnelle et vie familiale, engagement syndical, perte d'emploi, mais aussi enthousiasme, passion, perspectives…
Assurer une présence dans les milieux du travail et de l'économie
Mais, au-delà de cet aspect d'accompagnement des personnes, une pastorale du travail consiste aussi dans l'organisation de la présence des Eglises dans tel ou tel secteur de la vie sociale. Il s'agit de repérer sur le terrain un certain nombre de lieux stratégiques au sein desquels les problé-matiques du travail, de l'économie ou du développement sont abordées, puis de tenter de s'en approcher ou de les investir. À un premier niveau, par exemple, une pastorale du travail se doit de développer des visites d'entreprises, car celles-ci contribuent à multiplier leurs contacts avec les milieux économiques et à ajuster leur connaissance du monde du travail. À un second niveau, des associations de développement, des structures de l'économie sociale (association intermédiaire ou d'insertion…), des réseaux de professionnels, une association de médecin du travail, peuvent constituer de bons exemples de lieux stratégiques. Ce sont autant de lieux dans lesquels ces questions du travail et de l'économie sont débattues : il importe que le service de pastorale du travail puisse participer à ce débat.
Offrir des lieux de parole et de formation
Mais il ne suffit pas de se tenir au courant des réalités du monde du travail et des débats sur l'avenir économique du bassin d'emploi. Un "retour sur investissement" est nécessaire, qui prend la forme d'une animation proposée à ceux qui se sentent concernés par ces problématiques : des lieux de parole et de formation, afin que chacun puisse se forger des opinions, dépassant ainsi les préjugés ou les idées toutes faites.
Ces lieux de parole et de formation sont indispensables aujourd'hui, car ils permettent aux personnes, bombardées d'informations contradictoires, d'avancer dans leur réflexion personnelle et de structurer ainsi leur engagement, dans l'Eglise et dans la société.
La pastorale du travail, on le voit ici, ne consiste pas seulement en une œuvre de consolation, mais également en une action d'édification : comprendre notre monde, articuler nos convictions avec notre compréhension du monde, afin d'agir là où nous sommes, en témoins d'une espérance pour notre société en mal de perspectives.
Animer le débat dans l'Eglise et dans la société
Enfin, le quatrième axe pour l'action de cette pastorale du travail consiste à sensibiliser sans les membres de nos Eglises, Pasteurs et laïcs, à l'importance du travail dans la vie des personnes et au questionnement de nos convictions qu'il peut occasionner. Il s'agit bien là d'animer le débat, car il n'y a pas de doctrine sociale de l'Eglise dans le protestantisme, pas de réponses toutes faites sur ces questions économiques et sociales.
Les formes de cette animation sont diverses : articles, prédications, conférences, mais aussi groupes réguliers dans des paroisses, des Consistoires…
Un espace de médiation
Ainsi comprise, la pastorale du travail apparaît comme un véritable lieu de médiation : entre convictions et réalités professionnelles, entre Eglise et monde du travail, parfois même entre différents partenaires présents sur le terrain et que la position particulière de l'Eglise permet de réunir, par-delà les barrières culturelles, idéologiques ou historiques.
L'action de la pastorale du travail est ainsi de l'ordre de l'accompagnement, mais aussi de la transhumance, pour reprendre l'image évoquée par l'expression : à la fois accompagnement du troupeau, qui a besoin d'être protégé du loup et de trouver sa route au milieu des obstacles, mais aussi transhumance entre des territoires éloignés dont la fréquentation alternée est nécessaire pour assurer une nourriture suffisante, et par là même une vie équilibrée.
Les pastorales du travail en France
Les pastorales du travail (ou Mission dans l’Industrie) sont mises en place par les Eglises protestantes, en général en lien avec la Mission Populaire Evangélique de France ou la Société Evangélique Mission Intérieure de Strasbourg en Alsace et en Moselle.
Leur but est de permettre à toute personne intéressée de faire le lien entre sa vie professionnelle et ses convictions éthiques ou religieuses.
Concrètement, il s’agit :
- D’accompagner les personnes.
- D’offrir à ces personnes des lieux de parole et de formation.
- D’assurer une présence protestante dans les milieux du travail et de l'économie.
- D’animer le débat sur le travail dans les Eglises et dans la société.
Par exemple ?
- A Montbéliard, les EOP (Equipes Ouvrières Protestantes) proposent des soirées « Casse-croûte et réflexion », un samedi soir par mois, pour parler du boulot : après un repas convivial, l’invité prend la parole et le débat s’engage.
- En Alsace du Nord, Sylvie, l’animatrice de la Mission dans l’Industrie, est conseillère spirituelle d’une section locale des Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens.
- A Paris, la MIRP (Mission dans l’Industrie de la Région Parisienne) crée aujourd’hui un Espace Ethique Protestant E“P : il permettra des rencontres interprofessionnelles, des temps de réflexion sur des questions d’éthique professionnelle, un point emploi-solidarité, des débats sur des questions de l’actualité sociale…
- A Colmar, l’Equipe Ouvrière Protestante organise régulièrement des week-end de réflexion sur l’actualité du travail avec les Missions dans l’Industrie voisines du Pays de Bade, en Allemagne et de Bâle, en Suisse.
- A Lyon, la MIRLY (Mission dans l’Industrie de la Région Lyonnaise) organise chaque année un Week-end dit « de l’Epervière », qui rassemble 40 à 60 personnes, dont une majorité de cadres, sur des thèmes de société, en faisant se confronter des faits, des paroles d’experts, des témoignages d’acteurs et une réflexion spirituelle.
- A Bischwiller, en Alsace du Nord, la Mission dans l’Industrie a été à l’origine de la création d’un Collectif de Solidarité avec des salariés licenciés, regroupant les syndicats d’une entreprise en liquidation et diverses associations, dont l’Association Bas-Rhinoise des Chômeurs et Demandeurs d’emploi (ABCDE).
C’est où ? C’est qui ?
- Fraternité de la Mission Populaire Evangélique de France en Lorraine Sidérurgique
Président : Charles Danguy - 03 82 56 27 95 - - Mission dans l’Industrie d’Alsace du Nord (MIAN - autour de Haguenau, 67)
Animatrice : Sylvie Foell- 03 88 53 84 55 - - mian.semis.org - Mission dans l’Industrie Sud Alsace (MISA - autour de Mulhouse, 68)
Animateur : Alain Spielewoy - 03 89 60 40 04- - www.protestants.org/misa - Mission dans le Monde du Travail de la SEMIS (Société Evangélique de Mission Intérieure de Strasbourg)
Animateur : Jean-Paul Hoppstädter - 03 88 32 28 54 - - Mission Urbaine de Colmar (MUC) - Equipe Ouvrière Protestante
Animateur : Jean-Jacques Dietsch - 03 89 80 22 29 - - mu-stjean.blogspirit.com - Mission dans l’Industrie de l’Aire Urbaine Belfort-Montbéliard
Animatrice : Françoise Poujoulet - 03 81 94 30 99- - Mission dans l’Industrie de la Région Lyonnaise (MIRLY)
Contact : Bertrand BOSC – 04 78 35 30 66 – - Mission dans l’Industrie de la région Parisienne (MIRP)
Secrétaire Général : Olivier Maes - 01 46 72 71 96 – - Equipes Ouvrières Protestantes (EOP - Association reconnue d’éducation populaire)
Secrétaire Général : Jean-Paul Hoppstädter - 03 88 32 28 54 -



