MI EST : RÉSEAU PROTESTANT D’ACCOMPAGNEMENT DE LA VIE PROFESSIONNELLE
- BULLETIN DE LIAISON N°0 JANVIER 2010. Bulletin
Les communiqués protestants,
suite au premier tour de la Présidentielle 2002 :
Il faut savoir appeler un chat : "un chat"
- Communiqué commun : les Présidents de la Fédération Protestante de France, de la Fédération de l'Entraide Protestante, du Service protestant de Mission (DEFAP) et de la CIMADE
- Les Présidents des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine
- Les responsables des cultes reconnus d'Alsace et de Lorraine (Catholique, Réformé, Luthérien, Israëlite)
- Le Mouvement comprendre et s'engager (Alsace)
- Le Président du Conseil Exécutif de l'Eglise Evangélique Luthérienne de France
- Le Président du Conseil national de l'Eglise Réformée de France
- Le président de la Mission Populaire Evangélique de France
- Le collectif "Chrétiens contre la précarité"
- Tribune Libre à « la Laiterie » de Jean-Paul Humbert, Président du Conseil Synodal de l'ERAL
- Appel de Strasbourg des représentants des religions monothéistes
Espérer toujours en la vie politique :
déclaration des institutions protestantes
La force et l'honneur d'une démocratie sont de donner la parole à ceux-là même qui la mettent en question. De cette mise en question, nous venons de faire la cruelle expérience.
- Si rien, en effet, n'autorise à contester la légitimité du choix des citoyens au moment où ils déposent leur bulletin de vote dans l'urne, si de toute évidence l'extrême droite cumule des votes de conviction et des votes de contestation, nous sommes affligés de voir se porter en si grand nombre nos concitoyens sur une candidature qui cache un vrai déni des valeurs républicaines les plus élémentaires, comme la capacité pour notre pays d'accueillir et de partager, de refuser toute discrimination fondée sur l'origine nationale ; comme également la priorité donnée à la tolérance, à la défense des Droits de l'Homme et des libertés publiques, au refus de la peine de mort.
- Le principe démocratique est tout autant mis en péril par celles et ceux qui n'usent pas de la liberté qui leur est donnée de choisir et de s'exprimer. Le niveau atteint par l'abstention nous inquiète. Nos concitoyens ne savent-ils pas que les extrêmes attirent aussi le vote des mécontents et que, plus la dispersion est grande, plus chaque voix compte ? Auront-ils entendu la leçon : que la démocratie est entre les mains de tous et que le choix politique n'est, parfois, que l'expression d'un moindre mal ?
A la veille d'un second tour de l'élection présidentielle qui sera suivi, peu après, par des élections législatives, il nous semble nécessaire de rappeler des valeurs qui nous font espérer en la vie politique et attendre les rendez-vous qu'elle nous propose comme des moments importants pour notre démocratie, donnant à chacun la possibilité de faire entendre sa voix et de prendre en main son avenir.
- Nous comprenons le vote de contestation qui exprime l'inquiétude de beaucoup. C'est pourquoi nous appelons celles et ceux qui porteront devant nous un projet pour la France à retrouver une proximité toujours plus grande avec les aspirations de nos concitoyens.
- Nous comprenons l'inquiétude, mais nous refusons les fractures de notre société. Nous appelons celles et ceux qui porteront devant nous un projet pour la France, à rendre l'espérance à celles et ceux qui se trouvent à l'écart des biens élémentaires que cette société leur doit : santé, logement, formation, sécurité, retraite décente chacun doit trouver en France sa place et son avenir.
- Nous comprenons l'inquiétude mais nous refusons la haine, le rejet des étrangers qui ont choisi librement notre pays pour y vivre et y travailler. Notre pays doit leur dire sa volonté sans faille de leur faire place dans le cadre des lois de la République et du principe de laïcité auquel nous, protestants, sommes tellement attachés par notre histoire. Tant de pays d'Europe ont su, il y a longtemps, nous accueillir pour que nous sachions, aujourd'hui, accueillir à notre tour.
- Nous faisons confiance aux choix républicains de nos concitoyens, à leur capacité à se mobiliser pour redonner vie à notre démocratie, rendre à notre pays sa dimension de fraternité et d'ouverture, et redresser son image dans le monde.
- Nous faisons confiance aux hommes et aux femmes politiques de notre pays pour développer une vision de notre avenir commun qui permette à chacun de s'y engager avec espérance et de redonner aux fonctions auxquelles ils aspirent leur vraie dimension de service de tous et de toutes.
Pasteur Jean-Arnold de Clermont, Président de la Fédération protestante de France,
Pasteur Jacques Stewart, Président de la Cimade,
Pasteur Frédéric Trautmann, Président du Service protestant de Mission,
Monsieur Hubert Pfister, Président de la Fédération de l'Entraide protestante.
Contact : Myriam Delarbre, Service Info de la Fédération protestante de France - Tél. : 01 44 53 47 13
Source : FPF - FEDERATION PROTESTANTE DE FRANCE
Date de parution : 23 avril 2002
Après le vote du premier tour
Les électeurs de notre pays viennent de s'exprimer, et nous n'avons pas à les juger. Il nous faut entendre leurs préoccupations et pour beaucoup leur protestation.
Les Eglises n'ont pas à donner des consignes de vote, elles sont appelées à réaffirmer leurs convictions et à dire, en particulier, que le vivre ensemble, au sein de notre pays, ne peut se réaliser à travers la haine et l'exclusion, mais à travers le respect de l'autre.
L'intérêt général doit prévaloir sur les corporatismes particuliers. Et comment faire face aux excès de la mondialisation, sinon par une Europe plus unie et plus solidaire ?
Puissions-nous résister, en ces temps difficiles, à la démagogie, à la démonisation de l'adversaire, et faire place à la réflexion et au dialogue, et, au-delà des clivages partisans, préparer les réformes politiques et sociales nécessaires, susceptibles de surmonter les peurs et les frustrations, et de libérer les énergies et les initiatives.
C'est le prix à payer pour une vie sociale où chacun puisse se sentir en sécurité et bénéficier de conditions de vie décentes et d'une justice égale pour tous.
Nous appelons fermement toutes celles et tous ceux qui seraient tentés par l'abstention à participer au vote du 5 mai. Que chacun prenne ses responsabilités pour que s'affirme sans faille l'ordre républicain : liberté, égalité, fraternité.
Jean-Paul HUMBERT, Président du Conseil Synodal de l'ERAL
Marc LIENHARD, Président du Directoire de l'ECAAL
Le 22 avril 2002
Cultes reconnus d'Alsace et de Lorraine :
Choisir les valeurs fondatrices de la démocratie
Les résultats du premier tour de l'élection présidentielle montrent une radicalisation des choix politiques et révèlent une crise profonde de notre société.
Soixante ans après une période où certaines dérives idéologiques et l'indifférence de tant de pouvoirs ont contribué à rendre possibles la Shoah, le génocide des tsiganes et tant d'autres atrocités, nous signataires, responsables des "cultes reconnus", appelons l'ensemble des électeurs de notre région à se ressaisir, à se prononcer clairement pour les valeurs fondatrices de la démocratie et, par conséquent, à dire non aux thèses racistes, antisémites et xénophobes.
L'avenir de notre région est inconcevable sans le maintien et le développement du lien à l'Europe, comme l'histoire nous le rappelle et comme notre position géographique elle-même nous y invite. Solidarité, tolérance, accueil de l'étranger et respect du plus faible sont des valeurs que l'Alsace a su cultiver. Y renoncer aujourd'hui serait lourd et grave de conséquences pour notre avenir. Les garder et les faire vivre au nom de la foi de chacun et de notre commune conception de l'homme sera à la fois notre honneur et notre liberté.
René GUTMAN, Grand Rabbin du Bas-Rhin
Jean-Paul HUMBERT, Président de l'ERAL
Marc LIENHARD, Président de l'ECAAL
Joseph DORÉ, Archevêque de Strasbourg
vendredi 26 avril 2002
Mouvement Comprendre et s'engager
BP23 67340 INGWILLER :
Tous responsables
Le mouvement " Comprendre et s'engager " est né du choc provoqué par le score réalisé par Jean-Marie Le Pen en Alsace aux élections présidentielles de 1995. Sept ans plus tard, nous constatons que le problème reste entier en Alsace, et concerne maintenant le pays tout entier.
Notre engagement est basé sur l'Evangile. Au nom de nos valeurs, nous ne pouvons considérer comme un parti parmi d'autres une formation politique qui se situe dans la continuité du fascisme, qui sous couvert de nationalisme prône le repli sur soi et la fermeture des frontières.
Jean-Marie Le Pen et le programme de son parti représentent une menace pour la République, pour la démocratie et pour l'Europe. La priorité est aujourd'hui de parer à ce danger. Nous n'oublions pas les dérapages racistes et antisémites de Jean-Marie Le Pen, ni les comportements agressifs qui ont jalonné son parcours politique. Enfin, nous redisons que les références implicites ou explicites à l'Evangile* dans les discours de ce candidat constituent un détournement inadmissible des écrits bibliques.
Nous demandons à nos concitoyens de s'intéresser davantage à la politique et d'utiliser leur bulletin de vote à bon escient ! Nous demandons avec force aux Chrétiens, pour ce deuxième tour des élections présidentielles, de ne pas s'abstenir, de voter Jacques Chirac, et ce quelles que soient leurs préférences politiques par ailleurs.
Comprendre reste le mot d'ordre. C'est pourquoi nous invitons tous nos concitoyens à raison garder et à éviter toute forme de provocation. Avec la même énergie, nous inviterons demain les représentants politiques à entamer une réflexion approfondie, avec les acteurs de la vie civile, avec le monde associatif, avec les communautés religieuses de notre région sur l'avenir de la démocratie dans notre pays.
S'engager n'est plus un choix : c'est une nécessité.
Texte adopté par le Conseil d'Administration de l'association "mouvement comprendre et s'engager" le 24 avril 2002.
- Lors de la soirée du 21 avril, Jean-Marie Le Pen a cité probablement sciemment des paroles du Christ: " n'ayez pas peur "... Il a aussi invoqué " I'aide de Dieu " pour expliquer son succès... Un quotidien parle même d'un " discours messianique " pour décrire l'intervention du Président du Front National.
Communiqué
Les électeurs de notre pays viennent de s'exprimer lors du premier tour des élections présidentielles. Par leur vote ou leur abstention, beaucoup d'entre eux ont voulu faire entendre leurs préoccupations, leurs protestations et leurs peurs.
Les Églises n'ont pas à donner des consignes de vote, ni à leurs fidèles ni au reste de la société.
Mais face à l'actualité, les Églises ont à réaffirmer des convictions :
- chacun est appelé à se convertir sans cesse en combattant ses propres peurs
- les discours antisémites, racistes et xénophobes, et plus généralement tous les discours d'exclusion sont radicalement incompatibles avec la foi chrétienne.
- Affirmer de telles convictions n'est pas suffisant. Les Églises, la classe politique et tout citoyen ont à entendre les souffrances d'une grande partie des électeurs qui se sont exprimés au cours de ce scrutin.
Dans cette situation, il est nécessaire et urgent que chacun prenne ses responsabilités en tant que citoyen et chrétien au service d'une société plus juste et plus fraternelle.
Jean François NARDIN, Président du Conseil exécutif
Mercredi 24 avril 2002
Église Évangélique Luthérienne de France
Conseil Exécutif
16 Rue Chauchat
75009 PARIS
Communiqué du Président du Conseil national de l'Eglise Réformée de France (ERF)
Depuis plusieurs années, devant la montée de l'extrême droite et des idées qu'elle prône, l'Eglise Réformée de France a appelé "à une réflexion en profondeur et à une résistance spirituelle et théologique qui commence par notre propre conversion" (Synode national 1997). Elle a dit nettement que "les discours racistes et xénophobes qui diabolisent l'étranger et le rendent responsable de tous les maux et désordres sont radicalement incompatibles avec l'ouverture et l'accueil que prône la foi chrétienne." (Synode national 1998).
Mais, dans ce combat, il n'est pas suffisant de proclamer son refus du racisme et de la xénophobie. Il s'agit d'entendre, dans le vote capté par l'extrême droite, les protestations et les peurs de celles et ceux qui sont insécurisés, frustrés et oubliés dans une société qui privilégie sans cesse toujours plus la performance. Deux questions majeures sont ainsi posées, aux responsables politiques comme à tous les citoyens :
- Sommes-nous prêts à construire une société fraternelle, en faisant les choix et les compromis nécessaires, au lieu de vouloir privilégier toujours plus nos droits individuels ?
- Sommes-nous prêts à construire une société qui reconnaisse une place juste, digne et sûre aux plus fragilisés d'entre nous ?
Marcel MANOEL
Président du Conseil national
Paris, le 23 avril 2002
PS : Cf. le dossier publié par l'ERF : "La tentation de l'extrême droite" (Réveil publications et Les Bergers et les Mages, 2000).
Après le vote du 21 avril 2002 être fidèle
Le choc. La tentation serait de ne rien dire toutes les analyses, toutes les déclarations sont là.
Mais la Mission populaire évangélique ne peut rester passive. Au vu de son histoire, de sa présence évangélique dans les quartiers populaires. De son action auprès d'hommes et de femmes du peuple. Parce que Le Pen se présente comme le porte-parole des petits, des sans-voix, de ceux à qui l'on ne demande jamais leur avis. Parce qu'il se réclame d'une tradition chrétienne avec des accents quasi-prédicatoires. La Mission populaire ne peut rester muette. Elle serait infidèle.
A ceux, participant à la vie d'une Fraternité de la Mission populaire, qui sont sensibles à l'influence de l'extrême-droite nous demandons de réfléchir. A ceux qui, votant Le Pen, pensent protester ainsi contre le sort qui leur est fait, nous demandons d'en parler avec d'autres. L'histoire du XXème siècle montre trop combien derrière les affirmations nationalistes radicales se préparent les actes de l'horreur.
La pensée lepéniste c'est le rejet de l'autre, le mépris du faible, le culte de la nation et de la violence. Le mouvement lepéniste, c'est la haine et la peur traduites en programme politique. L'exact inverse de tout ce qui anime la Mission populaire évangélique et l'ensemble du protestantisme français.
Les structures politiques sont là pour organiser la vie sociale et protéger le faible non pour assouvir les désirs de revanche ou exacerber les tensions et les peurs. Le 21 avril au soir, quel " coup de tonnerre " pour tous ceux qui ont cru, et pensent toujours que l'honneur de la politique c'est de participer à " transformer les curs, la société et la vie dans la perspective d'un monde plus juste et plus fraternel" (Rapport d'orientation de la Mission populaire évangélique, 6-7 avril 2002.)
Il faut refuser l'assimilation, trop rapidement faite, entre vote populaire et vote lepéniste : qu'un pourcentage non négligeable de personnes du peuple aient donné leur suffrage au Front national n'est pas contestable. Mais un pourcentage également important est constitué de personnes, confortablement installées, qui entendent protéger leur situation privilégiée par une politique isolationniste. Et d'autres enfin, qui votent Le Pen par dépit, insatisfaction ou irresponsabilité proviennent de tous les horizons sociaux.
L'extrême droite promeut des valeurs contraires à la fois à l'Evangile et aux fondements de ce que fut le mouvement ouvrier en France. Des valeurs opposées à tout ce qui, dans notre pays, peut se réclamer des droits de l'homme. Des valeurs porteuses de régression morale et sociale.
La Mission populaire évangélique, membre de la Fédération protestante de France, appelle les membres de ses Fraternités, leurs proches, les Eglises et les associations qui cheminent de concert à la fidélité.
Fidélité à son message de tolérance et de fraternité pour tous les hommes sans distinction de culture, d'origine ou de couleur. Fidélité aux humbles et aux sans grade : il s'agit d'entendre leur voix et de prendre au sérieux leurs choix.
Fidélité à son histoire, celle d' hommes et de femmes du peuple dont la vie a bougé, dont l'existence a été enrichie au creuset de l'un de ses postes joliment appelés Fraternité, Solidarité ou Foyer.
Fidélité à sa présence évangélique dans les quartiers populaires, à son action actuelle toute faite de cheminements, de services et de solidarité avec les hommes et les femmes qui y vivent.
Fidélité au message évangélique et aux fondements de l'éducation populaire que la Mission populaire partage avec beaucoup d'autres.
La Mission populaire évangélique appelle à s'opposer à la montée en puissance de l'extrême droite dans les curs et dans la société.
Bertrand Vergniol
Président de la Mission Populaire Evangélique de France
Paris, le 25 avril 2002
Mission populaire évangélique de France
47 rue de Clichy 75311 Paris cedex 09
COMMUNIQUE DE PRESSE
Nous, Collectif " Chrétiens contre la Précarité " réagissons avec tristesse aux résultats de ce premier tour des élections présidentielles. Pendant la campagne, nous avions fait des Propositions contre le chômage, la précarité, l'exclusion à tous les candidats, et aux députés sortants.
Nous, Collectif " Chrétiens contre la Précarité " constatons que la question de l'insécurité sociale n'a fait l'objet d'aucun débat ! Or nous estimons que ceci explique en grande partie les votes extrémistes et l'abstention qui ont laissé le champ libre à Le Pen. Comment peut-on laisser 9 millions de personnes au seuil de la consommation dans un pays qui est la 4ème puissance économique mondiale ?
Nous, Collectif " Chrétiens contre la Précarité " regrettons que la question de l'Europe et de la mondialisation n'ait pas été abordée, en la replaçant dans une perspective de participation à des choix de développement, de cultures à découvrir, et de projets politiques, économiques et sociaux tournés vers l'avenir !
Nous, Collectif " Chrétiens contre la Précarité " voulons " réhabiliter la politique " et entendons donc continuer à faire pression pour que le débat , les propositions et les projets retrouvent leur capacité de mobilisation et de réalisation.
Nous, Collectif " Chrétiens contre la Précarité " appelons donc à voter le 5 mai en conséquence pour faire barrage au Front National.
Le Collectif " Chrétiens contre la Précarité " appelle à participer le 1er mai à la manifestation d'initiative syndicale contre l'extrémisme .
Le 21 septembre le Collectif " Chrétiens contre la Précarité " se réunira pour analyser les suites réservées à nos propositions !
Comité Chrétien de Solidarité avec les Chômeurs
23, rue des Balkans - 75020 Paris
Tél. : 01 55 25 28 48 - Fax : 01 55 25 28 49
Email : C.C.S.C.@ wanadoo.fr
Site web : http://www.solidaritechomeurs.com
Tribune Libre à « la Laiterie »
Le pasteur Jean-Paul Humbert, président du Conseil Synodal de l'Eglise Réformée d'Alsace et de Lorraine, a répondu à l'appel de « La Laiterie », lieu de culture à Strasbourg, dans le cadre d'une manifestation pour la démocratie et contre le Front National. Il a témoigné de son engagement chrétien contre les thèses de l'extrême-droite.
"Lorsque Dieu commença la création du ciel et de la terre, la terre était tohu et bohu et la ténèbre à la surface de l'abîme.
Ce premier verset de la Bible nous rappelle que le chaos primitif est une possibilité qui peut toujours se reproduire. Pour toutes les créatures, cet abîme sans forme plongé dans la nuit constitue une menace perpétuelle, actuelle. Pour que la vie gagne, dans la lumière et l'harmonie universelle, il ne faut pas que la Parole créatrice s'arrête de parler.
On peut dire que le Dieu de la Bible ne cesse jamais de créer, il redonne force et courage à ceux qui sombrent, il fait sortir les prisonniers de leurs bourbiers, les morts de leurs tombeaux. Il nous conduit ainsi du chaos au repos, des ténèbres à la clarté, de la mort à la vie, de la haine à l'amour, de la violence à la paix, de l'injustice à la justice, de l'égoïsme à la solidarité.
Si le Christ crucifié a remporté la victoire sur le dragon ou le serpent antique, selon les images du dernier livre de la Bible, ses disciples n'ont pas reçu un Esprit de faiblesse pour vivre encore dans la peur des autres ou dans la haine, mais ils ont reçu un Esprit de liberté pour participer à l'oeuvre de la création et partager fraternellement avec tous les humains la victoire sur la bête.
Hélas, nous avons couru après des royaumes ou des républiques en oubliant souvent l'être humain, nous avons construit des empires en méprisant la multitude. Devant l'atrocité de l'histoire, ou les difficultés de l'existence, bien des gens tombent dans la déprime et la désespérance et se tournent vers n'importe quel gourou. Comment faire face à la laideur de ce monde et à la tristesse de notre présent sans tomber dans l'illusion ou le mensonge ?
Où trouver le courage de vivre tous ensemble sur la terre sans tricher ni avec soi-même, ni avec le bon dieu, ni avec la République ?
Le dieu de Le Pen n'est pas le Dieu de la Promesse qui retentit de la Genèse à l'Apocalypse. Moi je crois au Dieu Créateur et Sauveur qui veut nous aider aujourd,hui à surmonter toutes nos peurs, non par la haine et l'exclusion, mais en nous rendant capables d'aimer notre prochain comme nous-mêmes !
C'est habité par cette conviction que je voterai Jacques Chirac le 5 mai, et que j'espère l'écrasement électoral du Front National.
Jean-Paul Humbert
Président du Conseil Synodal de l'Eglise Réformée d'Alsace Lorraine
Strasbourg, le 1er mai 2002
Appel de Strasbourg
Les représentants des religions monothéistes, réunis à l'invitation du maire de Strasbourg et du président de la Communauté urbaine, rappellent avec force les valeurs fondamentales qu'ils partagent.
- Les valeurs humanistes sont des biens inestimables. Aucun effort n'est à épargner pour les faire vivre en permanence, avec conscience. Nous rejetons, avec force, l'intolérance, l'antisémitisme, le racisme, la xénophobie et la haine de l'autre. Nous croyons au Dieu de miséricorde, de justice et d'amour.
- A Strasbourg, ville européenne des libertés, ville des droits de l'Homme, nous affirmons que chaque homme, quel qu'il soit et d'où qu'il vienne, a droit à l'épanouissement de sa personnalité propre et au respect.
- Fidèle à sa vocation, qui a dessiné sa singularité, ayant tiré toutes les leçons de sa longue histoire, Strasbourg est aujourd'hui un carrefour, une ville de rencontres, de partages et d'échanges. Strasbourg est la ville de tous ceux qui l'aiment, de tous ceux qui l'ont choisie pour y vivre, dans le respect des lois de la République, l'ouverture et le dialogue, pierre angulaire de toute vie en commun.
- Attachés au dialogue entre les communautés religieuses, les croyants et les non-croyants, nous voulons que chacun puisse vivre dans le respect d'autrui, la concorde civile et les valeurs de la République : la liberté, l'égalité, la fraternité, valeurs pour lesquelles nous appelons nos concitoyens à s'engager.
Cette déclaration, réalisée à Strasbourg, capitale européenne, est un appel lancé à toutes celles et tous ceux qui, en France et en Europe, veulent construire une société de paix, de justice et de fraternité entre tous les hommes.
Fait à l'Hôtel de Ville de Strasbourg, le 2 mai 2002


